Extrait de:  Les Verriers de la Normandie. Onésime-Jean LE VAILLANT DE LA FIEFFE, en 1873.

« Le 18 juillet 1828, la verrerie et la terre du Gast furent vendues à M. Léonard-Frédéric Chedeville, alors maître de verrerie, demeurant à la Cochère, au lieu de la verrerie de Nonant.

En 1848, M. Boissière, ancien répétiteur à l’école Polytechnique, gendre de M. Léonard-Frédéric Chedeville, lui succéda.

Sous la direction de M. Boissière l’usine de la famille de Mesenge devait devenir une des verreries les plus renommées non seulement en Normandie, mais dans la France entière. »

Extrait d’un récit de famille:

« C’est à cette époque(1828) que Frédéric Chedeville quitta la Verrerie de la Roche pour prendre celle du Gast bien plus importante. Cette usine très ancienne avait connu des jours florissants, puis, après la Révolution, elle avait été plus ou moins abandonnée servant même souvent de repaire aux bandes de Chouans qui désolaient le pays de leur brigandage sous prétexte de rétablir la royauté.

Située à l’une des extrémités du massif boisé d’Ecouves, elle se trouvait admirablement placée pour ne manquer jamais de combustible puisque le bois était seul employé pour l’entretien des hauts fourneaux. En revanche pour tout le reste c’était l’isolement le plus complet. Douze kilomètres la séparaient de Sées, quatorze d’Alençon : les chemins d’accès étaient impraticables et le transport des matières premières et des marchandises était la grosse difficulté de l’exploitation. »

 

Extrait d’une biographie de Jean-Claude Sosnowski:

Boissière, Adolphe-Clément Désiré, né à Sées (Orne) le 23 juin 1814. Décédé le 20 octobre 1897 à Creil (Oise). Pharmacien et chimiste puis maître verrier et manufacturier. Membre parisien de l’Ecole sociétaire en 1841.

En 1870, la manufacture(Verrerie du Gast) compte entre 240 et 260 ouvriers de tout âge. Boissière s’illustre par « une réforme sociale toute nouvelle en France : il s’occupe du bien être moral et matériel de ses ouvriers ; il fonde et entretient à ses frais une crèche et des écoles pour les enfants, des cours de lecture, d’écriture, des cours professionnels, une salle de lecture et une bibliothèque pour les parents ; il organise les soins médicaux et pharmaceutiques gratuits pour ses ouvriers, et de plus, une Société de secours mutuel avec caisse de retraite pour les cas de maladie ou de vieillesse » . (…) Les heures de travail sont réduites à 10h00 et le travail de nuit supprimé. Les salaires sont augmentés. Chaque ouvrier possède un logement gratuit et un jardin.

Egalement, membre de l’Association normande pour les progrès de l’agriculture, de l’industrie, des sciences, il propose d’utiliser les résidus de verre soluble composé de silicate de soude pour amender les terres, la paille devenant plus résistante et évitant ainsi aux blés de verser.

(Ceci explique la présence, encore aujourd’hui, de résidus de verre dans les pâtures-ce qui fait la joie des visiteurs qui repartent souvent avec leurs petits « trésors de verre »!)

 

Irma Boissière (née Chedeville) et Adolphe-Clément Désiré Boissière sont tous les deux enterrés au cimetière de Tanville. Leur pierre tombale se situe juste à l’entrée, au centre.

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